Auteure : Lise St-Pierre, Professeure, faculté d’éducation - PERFORMA, Université de Sherbrooke
En mars dernier, Pédagogie collégiale publiait la première partie de ce texte intitulée « Développer l’autonomie des élèves... Pourquoi moi ? Comment ? ». Nous vous présentons la suite de cet article. Tout comme le précédent, ce texte a été rédigé à partir d’une conférence prononcée lors d’une journée pédagogique au Cégep Marie-Victorin en janvier 2004 dont le thème était : Développer l’autonomie des étudiants : une responsabilité partagée.
Les cégépiennes et les cégépiens sont de jeunes adultes. Pourtant, l’enseignante ou l’enseignant de cégep peut encore jouer un rôle important dans le développement de leur autonomie. Il est relativement aisé d’intégrer à ses pratiques pédagogiques habituelles des actions orientées vers ce but pour peu qu’elles soient reliées directement à l’apprentissage du contenu, qu’elles tiennent compte du niveau de développement des élèves et qu’elles s’appuient sur des connaissances validées en enseignement et en apprentissage. Les écrits sur les stratégies d’apprentissage et sur la métacognition sont des sources d’inspiration fructueuses pour concevoir des interventions pédagogiques qui visent à rendre les élèves plus autonomes.
Cinq aspects caractérisent l’étudiante ou l’étudiant de cégep autonome, selon le point de vue présenté dans un texte antérieur. « Elle ou il :
Voici quelques réflexions supplémentaires relatives à la deuxième caractéristique, soit l’utilisation d’un éventail de stratégies d’apprentissage, et à la quatrième caractéristique concernant l’identification par l’élève de ses progrès et de ses reculs. Plus particulièrement, nous proposons aux enseignantes et aux enseignants quelques suggestions pour aider les élèves à garnir leur coffre d’outils cognitifs et métacognitifs par l’acquisition de stratégies d’apprentissage et par le développement de leur habileté d’autoévaluation, l’une des stratégies métacognitives les plus connues.
Nous avons déjà relevé l’importance pour une personne autonome de disposer de ses propres outils et de ses propres ressources, de façon à répondre à ses besoins selon sa convenance. Dans le domaine scolaire, le développement de l’autonomie passe par la constitution d’un éventail de stratégies d’apprentissage et par l’acquisition de connaissances sur les contextes dans lesquels les utiliser.
Quelle meilleure occasion que celle de lier cet apprentissage à celui du domaine de connaissance ? Plusieurs recherches ont montré que, chez un bon nombre d’élèves, les stratégies d’apprentissage ne se développent pas automatiquement avec la fréquentation scolaire. Cet apprentissage doit être soutenu par des actions pédagogiques structurées. De plus, il semble que les stratégies d’apprentissage ne s’apprennent pas de façon générale, en dehors de l’apprentissage d’une discipline scolaire, pour être automatiquement transférées par la suite lors d’un apprentissage particulier (Tardif, 1999). Pour ma part, je suis d’avis qu’il revient à chaque enseignant d’enseigner, dans son cours, les stratégies d’apprentissage pertinentes à sa discipline. Je prétends également que cet enseignement doit être planifié, organisé et encadré comme l’enseignement de tout autre contenu. (St-Pierre, 2004a, p. 26)
Parmi les pistes d’intervention suggérées aux équipes-programmes et au personnel enseignant, figurait la planification de moments et de lieux dans le parcours des élèves où seraient enseignées explicitement les stratégies d’apprentissage appropriées à la tâche, en lien avec l’enseignement du contenu et de la même manière que cet enseignement.
Les cinq caractéristiques de l’étudiante ou de l’étudiant de cégep autonome mentionnées en introduction peuvent toutes donner lieu à des interventions pédagogiques spécifiquement élaborées pour les développer. Toutefois, l’acquisition d’un répertoire de stratégies d’apprentissage variées et efficaces est sans doute celle sur laquelle il est le plus facile d’agir. [...]