Auteure : Nicole Boulay, Directrice des études, Cégep de Baie-Comeau
Les élèves du programme Soins infirmiers 180.01 effectuent un stage d’une journée au CLSC dans le cadre du cours L’enfant et la relation parentale depuis la session hiver 1997.
Lors de l’évaluation de ce stage de participation non accompagné et de courte durée (une journée), les élèves, les infirmières et les professeures responsables ont mentionné des lacunes en regard de son organisation. Nous avons voulu vérifier, par le biais d’une recherche scientifique, si le suivi d’une démarche rigoureuse pour l’organisation d’un tel stage pourrait le rendre plus fructueux pour les élèves (Boulay, 1999).
Le virage ambulatoire entraîne des modifications importantes dans la formation des élèves infirmières. Le projet de révision par compétences du programme Soins infirmiers 180.01, prévu pour l’an 2000, fait mention de stages à l’extérieur des unités de soins des centres hospitaliers. Ainsi, les stages de courte durée, non accompagnés, tel celui réalisé au CLSC, sont-ils appelés à se multiplier. Il devient impérieux de se pencher sur l’organisation de tels stages.
L’expérimentation de la démarche d’organisation d’un stage de courte durée (une journée), non accompagné, a eu lieu à la session hiver 1998. Pour élaborer le modèle d’organisation, une précollecte de données auprès de la cohorte de 1997 a tout d’abord été effectuée. Nous avons alors utilisé l’entrevue semi-structurée et le questionnaire pour recueillir les données afin de bien cerner des éléments d’insatisfaction, apparus lors du stage au CLSC à la session hiver 1997. Les thèmes investigués lors de la précollecte touchent les diverses composantes des trois phases d’un stage : avant, pendant et après celui-ci.
Les résultats de la précollecte auprès de la cohorte de 1997 ont été pris en compte lors de l’élaboration d’une démarche d’organisation d’un stage d’observation non accompagné, de courte durée, en prévision de la session hiver 1998. Ces résultats confirment, entre autres, la nécessité de modifier la typologie du stage, la méconnaissance des objectifs de stage par les infirmières et par les élèves, l’accueil non planifié des stagiaires par le milieu, le manque de clarification des activités à réaliser par les élèves et par les infirmières pendant le stage, le manque d’intérêt de ces dernières à participer à l’évaluation de la performance des élèves ainsi que la tendance des élèves à sous-estimer un stage de courte durée (une journée) .
La précollecte a également permis de constater que, pour organiser le stage de la session hiver 1997, les deux professeures responsables du stage au CLSC ne se sont pas référées à un modèle structuré. Elles ont plutôt fait appel à leur expérience antérieure de ce type de stage dans le premier programme collégial Soins infirmiers 180.00 et à leur expertise de plus de vingt ans dans l’enseignement. Nous pensons que plusieurs des lacunes mentionnées lors de la précollecte sont dues, en partie, à l’absence de l’utilisation d’une démarche d’organisation structurée pour ce stage d’une journée.
Nous croyons que l’élaboration et l’utilisation d’une démarche d’organisation pour un stage non accompagné, de courte durée (une journée) , permettraient une planification plus rigoureuse des activités avant, pendant et après le stage. Cette rigueur contribuerait à réduire les lacunes identifiées plus haut. Nous avons donc voulu expérimenter une telle démarche dans le cadre de notre recherche.
La littérature consultée concernant les stages non accompagnés ne traite pas de la procédure à suivre pour les stages de courte durée (une journée) . Seule Bourget (1986) mentionne le jumelage avec différents techniciens du milieu pendant une ou deux journées de stage. Elle met en garde contre l’improvisation dont est victime ce genre d’encadrement (Ibid., p. 73-74) , sans proposer de démarche particulière.