L'art de marcher sur un fil

Portrait de Chris Hudon

Résumé: 

Il y a quelques années, à l’occasion d’un cours suivi à l’université, j’ai constaté, qu’à titre d’enseignant et plus particulièrement en tant qu’enseignant de philosophie, j’étais « un cordonnier mal chaussé » ! En effet, j’enseignais depuis presque vingt ans et je n’avais jamais réfléchi systématiquement sur l’éthique de l’éducation, moi qui, par ailleurs, avais régulièrement l’occasion de donner des cours d’éthique. Depuis, j’essaie de rattraper le temps perdu. Surtout depuis un an où je me consacre à la rédaction d’un mémoire sur l’éthique de l’éducation. Plus j’y travaille, plus je constate l’ampleur du trou à mon soulier. Mais, fort heureusement, j’y découvre aussi un éclairage permettant de mieux cerner les contradictions que je vis quotidiennement dans mon enseignement. J’y découvre aussi des outils permettant parfois de les surmonter et permettant surtout de leur donner un sens et donc d’accepter plus sereinement d’y être soumis. Je vous livre ici certains des éléments qui ont ravivé mon enthousiasme face au métier d’enseignant. Comme le titre de mon article l’indique, il me semble qu’enseigner est une entreprise périlleuse. L’espace du bien agir y est mince et les chutes douloureuses. Cependant, pas plus que l’équilibriste, l’enseignant n’a à se culpabiliser de ses échecs. Les conditions d’exercice de la profession sont difficiles et, même si la théorie est claire, seule une longue pratique permet la réussite et, encore, même le vieux routier tombe plus régulièrement qu’il ne le souhaite. Mais quel est ce fil sur lequel marche l’enseignant? Ce fil, je crois, est celui tendu entre deux fonctions qu’il doit assumer et qui, au premier coup d’œil, semblent contradictoires.

La recherche dans les collèges : pourquoi et comment?

Portrait de Chris Hudon

Résumé: 

Pourquoi les professeurs des collèges devraient-ils faire de la recherche et même, diraient certains, faire autre chose que de l’enseignement? Ne devrait-on pas laisser cette tâche aux professeurs d’université, dont c’est normalement le rôle et qui sont mieux en mesure d’affronter des compétiteurs de plus en plus nombreux et de plus en plus féroces sur la scène nationale et même internationale? Et si la recherche doit trouver droit de cité dans les collèges, quelle place peut-elle occuper et à quelles règles devrait-elle obéir? C’est à ces grandes questions que je tenterai de répondre depuis le poste d’observateur extérieur du monde de la recherche que j’occupe comme journaliste scientifique.

Une éthique de l'enseignement : l'expérience du cégep André-Laurendeau

Portrait de Chris Hudon

Résumé: 

Quand on fait l’effort de se rappeler ses années de collège, du moins si l’on appartient à ma génération, un personnage souverain occupe tout l’espace, qui n’est ni le directeur, ni un professeur, ni même un collègue, mais... le préfet de discipline. Homme d’autorité, il représentait la loi. Une loi qui ne se contentait pas de sévir en cas de vol, de meurtre ou d’atteinte à la propriété, mais couvrait à peu près toutes les sphères de la vie privée lorsqu’elle se passait... en public. Je m’explique. Je viens d’un temps où une séparation rigoureuse entre la vie privée et la vie publique n’existait à peu près pas. Les valeurs sur lesquelles reposait la société faisaient un large consensus. C’était avant le Bill omnibus, cette loi qui se proposait de sortir l’État de nos chambres à coucher. C’était avant l’introduction des Chartes de droits qui, au Québec d’abord, au Canada ensuite, reconnaîtraient l’intégrité des individus, la valeur de leurs choix en matière d’orientation religieuse, sexuelle, vestimentaire et j’en passe, consacrant ainsi une séparation nettement plus marquée entre la sphère du privé et celle du public. Les valeurs que le professeur d’autrefois n’avait qu’à transmettre sans se poser de questions ne font plus partie du consensus social. Un professeur peut se voir accusé d’imposer ses valeurs à quelqu’un qui ne les partage pas. Les parents peuvent rappliquer. Les avocats se mettre de la partie. Au nom de quoi transmettre des valeurs? Et sans référence à un cadre commun, ce que Charles Taylor appelle les horizons de sens, comment éduquer? Ces changements sociaux n’ont pas touché que le seul domaine de l’enseignement. Ils ont profondément bouleversé les pratiques professionnelles. Le rapport à l’autorité n’est plus ce qu’il était. Nous devons parler aujourd’hui d’une responsabilité partagée plutôt que de l’exercice d’un pouvoir. Le consentement, notion juridique qui traduit bien les changements intervenus dans la société, est à la base des interventions de quiconque fait profession de venir en aide. Enseigner, éduquer, vouloir le bien de quelqu’un, parfois même malgré lui, ne peut s’envisager aujourd’hui sans consentement. C’est comme ça que les contrats se sont multipliés dans l’École. Aujourd’hui, pour exercer une autorité dans une classe, vous devez obtenir le consentement des élèves. Vous les faites parfois adhérer à un contrat dans lequel les règles minimales, sans lesquelles un cours ne pourrait se donner, sont expliquées et justifiées rationnellement. Avant qu’on se méprenne sur mes intentions, je tiens à préciser que mon discours, ici, n’est pas nostalgique. Je ne tiens pas du tout à retourner au bon vieux temps. Même si les difficultés dans lesquelles nous nous débattons actuellement valent bien les anciennes, je suis convaincu que la solution n’est pas dans un retour à la tradition, mais dans la construction d’un espace de dialogue dans lequel des horizons de valeurs partagées pourront, à la fois, nous éviter de retomber dans la pensée unique et nous faire échapper au relativisme moral qui paralyse toute forme d’intervention dans le domaine des valeurs.

La résolution de problèmes en Techniques de génie électrique

Portrait de Chris Hudon

Résumé: 

Enseigner est un rôle complexe. Tous ceux qui ont à l’assumer Depuis quelques années déjà, dans les cours Technologie de l’électricité et Circuits, Carlo Buono et moi insistons pour confronter les élèves à des problèmes plutôt qu’à des exercices. Nous estimons, en effet, qu’en situation de travail, ce sont des problèmes que le technicien aura à affronter. Il doit donc, dès le début de sa formation, se rendre habile à faire face à ce type de situation. Toutefois, nous constatons, malgré nos efforts et nos répétitions verbales, qu’un nombre important d’élèves n’ont pas acquis la maturité ou, encore, n’ont pas développé une méthode structurée pour affronter efficacement les situations problèmes. Il nous semble donc qu’il faille inclure explicitement dans notre enseignement une telle démarche pour favoriser le transfert des apprentissages chez les élèves. Dans le texte qui suit, je vais vous présenter notre conception de l’ « exercice » et du « problème ». J’accompagnerai cette explication d’un exemple provenant d’un des deux cours en question. Enfin, je terminerai en proposant la démarche que nous entendons enseigner à l’intérieur des cours Technologie de l’électricité et Circuits dès l’an prochain. Vous constaterez que cette démarche est relativement générale et qu’elle peut se modeler pour être appliquée à différents contextes de cours à mesure que les élèves avancent dans leur programme d’études.

Pour tenir compte de la population étudiante adulte et jeune dans nos classes

Portrait de Chris Hudon

Résumé: 

Depuis la création des collèges, le visage de la population étudiante ne cesse de se métamorphoser : accroissement du nombre d’étudiantes dans les secteurs non traditionnels, diversité des cultures et des religions, accessibilité aux personnes ayant des handicaps ou des difficultés d’apprentissage, etc. On passe toutefois davantage sous silence la présence croissante des adultes à l’enseignement régulier. Les adultes de 23 ans et plus inscrits à l’enseignement collégial régulier composaient en 1997, 1998 et 1999 environ 8,5 % des étudiants, soit une moyenne de 12, 926 personnes (ces données proviennent du Système d’information et de gestion des données sur l’effectif collégial, SIGDEC, 1999). Dans son étude Accroître l’accessibilité et garantir l’adaptation, le Conseil supérieur de l’éducation (1992) indique « qu’à tous les ordres d’enseignement, tant secondaire, collégial, qu’universitaire, l’effectif adulte est en voie d’égaler, sinon de surpasser l’effectif jeune ». On observe d’ailleurs le même phénomène aux États-Unis, où la proportion d’adultes qui fréquentent les universités américaines équivaut à celle des étudiants dits « traditionnels » (Richardson et King, 1998). Il ne s’agit donc pas d’un phénomène passager, mais d’une nouvelle réalité avec laquelle le réseau collégial, en l’occurrence, devra apprendre à composer (ICEA, 1993; Morin et Rivard, 1994). Mais, justement, comment composer avec des étudiants ayant des valeurs, des expériences de vie, des motivations et des besoins souvent différents? Comment faire pour adapter son enseignement à la situation sans faire de laissés-pour-compte? Pourquoi faudrait-il accorder une importance particulière aux étudiants adultes? C’est pour trouver des pistes de réponses à ces questions que nous avons réalisé une recherche sur le sujet, après avoir constaté le peu de données disponibles sur cet aspect spécifique de la pédagogie. Le présent article se propose donc de retracer les grandes lignes de cette recherche financée par PAREA 1 et de partager certaines réflexions sur cette nouvelle réalité à laquelle de plus en plus d’enseignants sont confrontés. Les principaux objectifs de cette recherche ont été de mettre en lumière les pratiques d’enseignantes de Techniques humaines (Techniques de travail social, Techniques d’éducation en services de garde) et de Techniques de la santé (Soins Infirmiers) dans leurs groupes hétérogènes sur le plan de l’âge et de recueillir les impressions des étudiants, jeunes et adultes, de ces programmes face à cette situation dans l’ensemble de leurs cours.

Pages

L’AQPC reconnait, en 2014-2015, la contribution financière de Patrimoine canadien au développement technologique de la revue, par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, volet Innovation commerciale pour les périodiques imprimés.

Logo Gouvernement du Canada 

Panier

Votre panier est vide.