Notes de lecture : Pour réussir dès le primaire. Filles et garçons face à l'école

  • : Function split() is deprecated in /var/www/aqpc.qc.ca/www/htdocs/sites/all/modules/i18n/i18nstrings/i18nstrings.module on line 537.
  • : Function split() is deprecated in /var/www/aqpc.qc.ca/www/htdocs/sites/all/modules/i18n/i18nstrings/i18nstrings.module on line 537.
  • : Function split() is deprecated in /var/www/aqpc.qc.ca/www/htdocs/sites/all/modules/i18n/i18nstrings/i18nstrings.module on line 537.
  • : Function split() is deprecated in /var/www/aqpc.qc.ca/www/htdocs/sites/all/modules/i18n/i18nstrings/i18nstrings.module on line 537.
  • : Function split() is deprecated in /var/www/aqpc.qc.ca/www/htdocs/sites/all/modules/i18n/i18nstrings/i18nstrings.module on line 537.

GAGNON, Claudette, Pour réussir dès le primaire. Filles et garçons face à l’école, Montréal, Éditions du remue-ménage, 1999, 173 p.

Ce livre découle de la recherche doctorale en éducation de l’auteure qui a pour titre Dynamique de la réussite scolaire des filles au primaire : une nouvelle approche interactionniste. Cet ouvrage apporte des éléments de réponse à la question : pourquoi les filles réussissent-elles mieux que les garçons ? La perspective adoptée par la chercheuse privilégie l’étude des rapports sociaux sexués et la comparaison entre les filles et les garçons. La recherche porte sur 45 jeunes de cinquième année, 19 garçons et 26 filles, répartis selon trois niveaux de résultats scolaires et provenant autant d’un milieu défavorisé que d’un milieu favorisé. Chaque élève a été rencontré en entrevue individuelle dont la durée moyenne était de 20 à 25 minutes.

De plus, la chercheuse a interviewé 55 parents (44 mères et 11 pères) et ces entrevues duraient en moyenne entre 30 et 40 minutes. Les quatre professeurs des quatre classes ont aussi été rencontrés et environ huit heures d’observation ont été faites dans les deux classes en milieu défavorisé. Voilà un bref aperçu de la méthodologie adoptée dans cette recherche.

Que révèlent les données ? La chercheuse met en relief les éléments communs ou divergents entre les élèves, selon leur catégorie sociale de sexe, leur milieu socioéconomique et leur calibre scolaire. À partir des commentaires des jeunes et des parents, elle examine successivement le rapport à l’école, la relation pédagogique, la satisfaction par rapport aux résultats scolaires, les relations d’amitié, l’image des garçons et celle des filles, les perceptions de l’école idéale, les relations avec les parents et les aspirations face à l’avenir.

Le dernier chapitre, intitulé « Comment expliquer l’avantage des filles dès le primaire ? », fait un retour sur l’ensemble de la recherche et essaie d’établir ce qui est déterminant pour la meilleure réussite scolaire des filles en distinguant trois types de facteurs (dans les faits, ces facteurs sont conjugués) : les dispositions face à l’école, la mobilisation personnelle et les motivations. Comme le mentionne l’auteure : «Plusieurs dispositions semblent favoriser l’intégration des filles à l’école : parmi celles-ci, le plaisir éprouvé à l’école, l’importance accordée à la réussite, aux résultats et à la sororité, une conception de l’apprentissage reliée à l’actualisation de soi et une perception positive des membres du personnel enseignant. » (p. 143). Quant à la mobilisation des filles, celle-ci prend notamment « la forme d’une plus grande écoute et participation en classe, d’une application dans les travaux, d’un respect des consignes et du personnel de l’école, d’une meilleure maîtrise d’elles-mêmes, et d’une plus grande constance et persévérance dans les travaux. » (p. 149-150). Ces comportements et attitudes favorisent la réussite scolaire. Sans compter des amitiés chez les filles en fonction, en bonne partie, des résultats scolaires, un esprit de compétition pour l’activité scolaire et un important investissement des mères dans la scolarisation de leurs filles. En ce qui concerne les motivations, les filles de l’échantillon semblent davantage préoccupées par l’avenir, comparativement aux garçons, et les performances scolaires représentent l’outil essentiel pour parvenir à leurs fins. D’autre part, les filles s’opposent aux stéréotypes sexistes, elles remettent en question la culture dite féminine qui les exclut des sphères masculines, alors que les garçons se conforment à la culture dite masculine.

En conclusion, Mme Gagnon rappelle qu’elle a voulu jeter un nouvel éclairage sur le phénomène de la meilleure réussite scolaire des filles et sur celui de la distanciation scolaire des garçons. Les attitudes et les comportements des garçons étudiés dans la recherche visent l’exercice du pouvoir dans ce qu’ils considèrent leur territoire (les sports, les jeux, les loisirs) et cela aurait un effet pervers sur leur réussite scolaire. Si les garçons se distancient eux-mêmes de l’école conformément à la culture dite masculine, il faudrait agir sur l’intériorisation des stéréotypes sexistes pour contrer leur distanciation scolaire (l’auteure identifie la cour de récréation comme un lieu privilégié d’intervention). Comme le souligne la chercheuse : « Les garçons tireraient avantage à ne pas s’enfermer dans les limites imposées par la culture masculine. » (p. 166). Quant aux filles de l’échantillon, la culture qu’elles développent s’oriente au contraire vers l’émancipation des rôles sociaux et celles-ci perçoivent l’éducation comme la clé leur permettant de dépasser « les limites imposées par une société encore largement influencée par les stéréotypes sexistes. » (p. 166).

Jacques Boisvert