GAGNÉ, Gilles (dir.), Main basse sur l’éducation, Québec, Éditions Nota bene, 1999, 294 p
L’orientation critique de ce collectif ne fait aucun doute à la lecture de ce passage en quatrième de couverture : « Cet ouvrage n’a pas de programme. Il se contente de montrer que le Ministère, les syndicats et les Facultés d’éducation en abandonnent d’anciens, sans raison et sans alternative. Cette triple alliance, qui a fait main basse sur l’éducation, ne repose sur aucun complot ; elle se contente d’aller, naturellement et systématiquement, dans le mauvais sens. » Les neuf textes ont été écrits par Micheline Cambron, Daniel Dagenais, Gaëtan Daoust, Michel Freitag, Gilles Gagné, Nicole Gagnon, Jean Gould, Jean Larose et Jean Pichette.
Cet ouvrage prend pour cibles tous les niveaux d’enseignement et il aborde notamment l’enseignement du français et la formation des maîtres du secondaire. Signalons le texte « Lettre ouverte à mes collègues du cégep » de Daniel Dagenais, qui dénonce la conception actuelle de la formation au collégial : «L’aspect le plus important de la transformation de l’éducation concerne la subversion de sa visée idéale de formation humaniste en une visée étroitement spécialisatrice à travers la redéfinition des idéaux de formation en compétences à acquérir. » (p. 231). Le texte de Michel Freitag, qui termine l’ouvrage, constitue une réflexion poussée et bien documentée sur l’université d’aujourd’hui : l’auteur déplore « la mutation de l’institution universitaire en une organisation fonctionnelle-opérationnelle » et il fait appel à la mobilisation des gens concernés pour sauver « sa mission la plus essentielle qui consistait à y cultiver la vie de l’esprit, et à former les esprits à la vie de l’esprit ». Cet essai critique sur la mission de l’université amène tout naturellement à s’interroger sur la mission des cégeps.
Jacques Boisvert