Auteur : Joseph Chbat, Professeur de philosophie, Collège André-Grasset
Daniel Goleman, né le 7 mars 1946, docteur en psychologie, est l’auteur de nombreux ouvrages. Après avoir été journaliste et avoir enseigné à l’Université de Harvard, il est aujourd’hui le cofondateur du Collectif pour l’apprentissage de l’intelligence émotionnelle au Centre d’études sur l’enfant de l’Université de Yale. Ce collectif a pour mission d’aider les écoles à introduire des activités développant l’intelligence émotionnelle chez l’enfant.
La formation scolaire vise surtout notre intelligence intellectuelle principalement axée sur la logique et la cohérence. Un être ainsi formé devient capable de mettre de l’ordre dans ses idées, dans son discours et, ultimement, dans sa vie. Il est capable de raisonner d’une façon adéquate pour mener à terme les tâches qu’il entreprend ou se voit confier. L’objectif ultime de l’intelligence intellectuelle, c’est la performance que ce soit dans un domaine technique pour transformer le monde, ou dans un domaine théorique pour interpréter le réel.
Les logiciens et les psychologues ont mis au point des tests d’aptitude qui mesurent l’intelligence intellectuelle et la chiffrent sous forme du QI (quotient intellectuel), permettant de situer un être humain par rapport aux autres du point de vue de sa performance intellectuelle et, partant, de son potentiel de rentabilité socio-économique. Toutefois, à l’expérience, on s’est rendu compte que les humains ne donnent pas toujours le rendement dont ils sont capables et qu’il y a des facteurs importants qui stimulent et inhibent les aptitudes intellectuelles. Afin de comprendre ce qui permet d’actualiser les aptitudes des gens, des penseurs ont identifié une nouvelle forme d’intelligence, en quelque sorte sous-jacente à l’intelligence intellectuelle : il s’agit de l’intelligence émotionnelle 1.
Parmi ces penseurs, on trouve Daniel Goleman qui estime que l’intelligence émotionnelle constitue en nous l’aptitude maîtresse soit celle qui est à la base de toutes les autres. À titre d’exemple, elle bloque ou amplifie notre capacité mentale innée de penser, d’apprendre ou de résoudre un problème. Goleman s’attache à démontrer que le QE (quotient émotionnel) prédit la réussite encore mieux que le QI, notamment dans le monde des affaires.
Ce texte a pour buts d’attirer l’attention sur ce thème de l’intelligence émotionnelle et d’aborder quelques aspects de ses applications pédagogiques. À partir de la thèse de Daniel Goleman, nous présenterons des arguments qui s’inspirent de cet auteur et de plusieurs autres dont il s’inspire lui-même : Mihaly Csikszentmihalyi, C.N. Snyder, Walter Mischel, Peter Seligman et Howard Gardner.
1 C’est l’Américain Joseph Ledoux, professeur à la New York University, qui fit la découverte de l’intelligence émotionnelle en 1990. Ledoux s’est aperçu qu’une petite partie des stimuli provoquant nos émotions n’était pas traitée au niveau du cortex mais au niveau d’une petite glande en forme d’amande, logée dans les replis de notre encéphale. Une théorie de l’intelligence émotionnelle a ensuite été développée par Peter Salovey (de l’Université de Yale) et par John Mayer (de l’Université du New Hampshire).
(Duval, J. -F. in http://www.construire.ch/SOMMAIRE/9909/09entre1.htm)