Auteur : Jacques Boisvert, Rédacteur en chef
Ce premier numéro de l’an 2000 aborde des préoccupations très actuelles qui exigeront une mobilisation croissante du personnel éducatif des collèges dans les années à venir : l’éducation interculturelle dans une société québécoise pluraliste, la recherche au collégial, la réflexion sur les considérations éthiques entourant la pratique de l’enseignement, la juste place de la séduction dans la relation pédagogique et le partage de nos savoir-faire professionnels.
Claude Roy présente une expérience originale qui se déroule au Cégep André-Laurendeau : celle d’un comité, ouvert à tous, au sein duquel on discute des valeurs partageables par la communauté. Quelles valeurs transmettre dans une société pluraliste ? Comment faire l’éducation aux valeurs ? Ces questions, et bien d’autres, furent abordées. Cette expérience, toujours en cours, est une réussite et elle peut en inspirer d’autres.
Le journaliste scientifique Yanick Villedieu avance plusieurs raisons pour redécouvrir l’activité de recherche dans et par les collèges. La recherche améliore la qualité de l’enseignement, donne « le goût de la science » aux élèves et produit des connaissances nouvelles. Selon lui, la conjoncture est favorable et les collèges devraient inscrire le développement de la recherche dans leur mission.
Le dossier central porte sur le thème de l’éducation interculturelle au collégial. Denyse Lemay débute ce dossier, qu’elle a conçu et coordonné, par la présentation des deux volets principaux de l’éducation interculturelle ; elle le termine en soumettant une liste d’outils utiles dans le domaine. Sylvie Loslier présente la Politique d’intégration scolaire et d’éducation interculturelle, publiée en décembre 1998 par le ministère de l’Éducation. Éléonore Antoniadès et Mona Chéhadé abordent le sujet de la réussite en français des élèves allophones au collégial, en particulier à travers leur recherche qui examine la situation dans deux cégeps montréalais. Édithe Gaudet et Louise Lafortune proposent un modèle de formation en interculturel et donnent les grandes lignes d’un programme d’intervention axé sur le développement d’habiletés de communication interculturelle. Carole Lavallée fait le compte rendu du travail réalisé sur le plan de l’éducation interculturelle, à son cégep, en Techniques d’éducation en services de garde.
Robert Roy met en relief les deux fonctions, en apparence contradictoires, de l’enseignant : d’abord et avant tout un émancipateur, il est aussi un agent de socialisation. L’art de la pédagogie, fondé sur la didactique et l’éthique, représente la perche qui aide à garder l’équilibre lorsque l’on marche sur le fil tendu entre ces deux fonctions.
Jacques Laliberté signe un compte rendu fouillé de l’ouvrage Enseigner et séduire. Il aborde le concept de séduction, les connotations négative et positive de celle-ci, de même que les conditions à suivre et les règles à respecter pour un usage éthique de la séduction en enseignement.
Daniel Vallières décrit les caractéristiques du travail d’équipe qu’il propose à ses élèves. Travaillant sur un même objet d’apprentissage et avec les mêmes outils, ces derniers produisent des travaux individuels mis en commun et analysés en équipe, et ce travail d’équipe est une préparation à une évaluation individuelle.
Une nouvelle rubrique intitulée Vous avez la parole termine le numéro. Vous pourrez y lire plusieurs réactions à deux articles parus dans les deux derniers numéros de la revue. En dernier lieu, j’aimerais souligner l’arrivée de deux nouveaux membres au comité de rédaction : Myron GALAN, professeur au Collège Dawson, et Isidore LAUZIER qui enseigne au Collège de Maisonneuve.