Auteur : Jacques Boisvert, Rédacteur en chef
Le présent numéro examine, sous divers angles, la façon de faire la pédagogie au collégial, que ce soit en mettant en cause la manière de concevoir un programme d’études, en relevant les dimensions de notre travail qui nécessitent un perfectionnement en lien avec l’approche par compétences, en réfléchissant sur la transformation de notre métier d’enseignant et d’enseignante ou, encore, en proposant une stratégie d’enseignement plus dynamique pour aborder un contenu de cours.
L’article très élaboré de Jacques Désautels ouvre ce deuxième numéro d’une manière très critique. L’auteur tente de montrer que le nouveau programme de Sciences de la nature, comme il est rédigé, repose sur « une représentation des sciences antédiluvienne, de facture scientiste, qui ignore les travaux effectués en philosophie, en histoire, en anthropologie, en sociologie et en didactique des sciences au cours des trente dernières années. » D’entrée de jeu, il indique que ses intentions sont de « susciter des débats » et non pas de dénigrer qui que ce soit. C’est dans cette optique que vous est proposée cette réflexion étoffée et intéressante, qui sollicite la maturité intellectuelle du personnel éducatif des collèges dans l’examen serein du point de vue proposé.
Un second volet, portant sur les besoins de perfectionnement, complète le dossier sur l’élaboration et la mise en œuvre des programmes par compétences. Sylvio Lebrun met l’accent sur l’idée que l’approche par compétences génère des besoins importants de perfectionnement chez le personnel enseignant. Armand Lamontagne propose une réflexion sur le perfectionnement qui s’articule en deux axes, pédagogique et disciplinaire. Louise Savard rapporte les résultats d’un sondage sur les besoins de perfectionnement des conseillers pédagogiques et des professeurs. Denyse Tremblay, dans un texte fouillé sur la question, offre une vue d’ensemble des principaux effets de l’approche par compétences sur les différentes facettes de l’acte pédagogique.
Claude Roy livre ses réflexions sur ce « drôle de métier » qui, de la vocation d’instituteur, s’oriente vers la professionnalisation. Dans un texte éclairant, aux idées nombreuses assorties de pointes d’humour, l’auteur nous convie à vivre le « drôle mais beau métier d’enseignant » dans un nouveau paradigme qui se caractérise par la responsabilisation, la transmission d’habiletés et l’évaluation des compétences.
Caroline Fréchette rapporte une nouvelle expérience d’une jeune professeure de cégep : quitter le métier d’actrice pour celui de metteure en scène. Dans les périodes de cours consacrées à la scénarisation cinématographique, les images commencent en gros plan (l’objectif du cours) suivi d’un zoom in (l’introduction à la matière), se poursuivent par un travelling avant (l’acquisition de nouvelles connaissances) et se terminent par un travelling arrière (devoir et conclusion).
Andrée Dufour rédige le compte rendu d’un ouvrage dont le questionnement nous concerne : pour ou contre un ordre professionnel des enseignantes et des enseignants au Québec ? Le numéro se termine par la présentation de deux extraits de l’Avis du Conseil supérieur de l’éducation, intitulé Pour une meilleure réussite scolaire des garçons et des filles.
Ce numéro copieux devrait combler les esprits les plus affamés. Les Fêtes sauront, quant à elles, contenter les corps et réjouir les cœurs. Je souhaite un Joyeux Noël et une Bonne Année 2000 à vous tous et à vous toutes.