Auteurs :
Gérard Lefebvre, Professeur en éducation physique, Cégep de Drummondville
Jocelyne Houle Lefebvre, Professeur de danse, Cégep de Drummondville
Au collégial, peut-on limiter les avantages de l’activité physique au plaisir de bouger, à l’effet bienfaisant de l’exercice, au maintien et à l’amélioration de la santé avec, comme objectif ultime, le prolongement qualitatif et quantitatif de la vie ?
Tous ces avantages suffisent certes à accorder à l’activité physique une place privilégiée au sein de l’éducation collégiale, car celle-ci permet au jeune adulte de mieux gérer le stress, d’améliorer son endurance physique et de consolider sa confiance en soi. Toutefois, l’apprentissage de l’activité physique recèle également des occasions de développer, et ce, à un niveau très élevé, les dimensions cognitive, métacognitive, affective et de gestion inhérentes à l’apprentissage.
Si la plupart des gens reconnaissent les nombreuses qualités physiques et affectives qu’un apprenant doit développer pour maîtriser une discipline sportive ou en danse, peu se doutent toutefois du rôle essentiel que les habiletés cognitives et métacognitives y jouent pour un apprentisssage optimal.
Cet article donne un aperçu des habiletés cognitives, métacognitives, affectives et de gestion de l’apprentissage développées chez un élève dans l’expérimentation d’une activité sportive, des habiletés transférables à d’autres matières et dans le respect, donc, de la démarche de l’approche programme.
Au début de notre carrière, nous croyions que ceux qui n’apprenaient pas n’étaient que des irresponsables, des fainéants qui n’obtenaient que ce qu’ils méritaient puisqu’ils refusaient de travailler. Dans le même esprit, nous avions également tendance à classifier les élèves en deux groupes : l’élite et les autres, soit ceux qui avaient des qualités d’athlète et ceux qui en étaient dépourvus.
Le temps, les études, l’observation et l’expérience sur le terrain avec certaines personnes, que nous aurions eu tendance à qualifier de non-douées à nos débuts et qui ont réussi au-delà de toutes nos attentes, nous ont amenés à croire dans le potentiel d’apprentissage presque illimité de l’être humain.
À titre d’exemple de notre méthode d’enseignement, qui est également expérimentée dans le programme de danse, nous utiliserons celui du cours de sabre donné dans le cadre de la compétence du programme d’éducation physique au cégep de Drummondville.
Si, en tant que pédagogue, cette vision de l’éducation physique ou de la danse au service du développement intellectuel vous surprend, imaginez l’étendue de la surprise de l’élève qui y est confronté... Celui-ci est loin de se douter que son professeur lui montrera « comment apprendre à apprendre » !
* Cet article a été produit dans le cadre d’un cours de la maîtrise en enseignement (PERFORMA) de la faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke. (Travaux dirigés par M. Pierre Tousignant).