Auteurs :
Francis Ho, Départements de psychologie et de sociologie, Collège Vanier
Shun-Yee Ho, Faculté d'éducation, Université de Hong-Kong
Le milieu de l'enseignement collégial québécois est actuellement submergé par l'arrivée massive de nouvelles technologies, un phénomène qui avantage autant les étudiantes et les étudiants que les professeures et les professeurs. Ainsi, ces derniers, munis d'un simple logiciel PowerPoint, sont maintenant en mesure de donner leurs cours avec une présentation aussi soignée que, par exemple, celle d'une haute direction d'entreprise lorsque celle-ci présente un rapport annuel aux membres de son conseil d'administration. Pour leur part, les étudiantes et les étudiants sont séduits par les présentations graphiques aux couleurs vives et les effets visuels animés. Il va sans dire qu'ils apprécient tout particulièrement le fait de pouvoir maintenant télécharger des notes de cours directement du site Internet de leurs professeures et de leurs professeurs ou celui d'avoir accès à l'information la plus récente sur la toile mondiale, même pour les questions les plus saugrenues.
Toutefois, malgré l'importance de cet apport technologique, le processus d'apprentissage, quand ce n'est pas l'attitude générale, de nos collégiennes et de nos collégiens reste terriblement passif. En réalité, ce que les innovations technologiques telle l'hypertoile ont de mieux à offrir à nos étudiantes et à nos étudiants en termes d'approche de l'apprentissage et de la collecte d'information relève beaucoup plus de l'interaction que de l'action proprement dite. Au-delà de ces merveilleuses nouvelles technologies interactives, ceux-ci ont réellement besoin de participer et de s'engager concrètement dans leur processus d'apprentissage. Pour ce faire, aucune nouvelle technologie, quelle qu'elle soit, n'est nécessaire et, partant, aucune technologie du tout. Seules certaines aptitudes inhérentes à l'être humain suffisent, soit les capacités d'imaginer, de créer et de s'exprimer.
L'American Alliance for Theater and Education définit le théâtre de création dramatique comme étant « an improvisional, nonexhibitional, process-centered form of drama in wich participants are guided by a leader to imagine, enact and reflect upon human experiences » (Cornett, p. 233). L'objectif premier du théâtre de création dramatique n'est donc pas le divertissement du public, mais le « growth and development of the players » (Heinig et Stillwell, p. 5). L'idée d'utiliser des techniques actives d'expression dramatique comme moyen d'enseignement est loin d'être nouvelle. En effet, dans les années vingt, un groupe de réformateurs américains privilégiait déjà une approche basée sur l'action plutôt que sur la lecture et la mémorisation, (Cornett, p. 227), une approche que nous préconisons à notre tour aujourd'hui. [...]
* Ce texte est une traduction. La version originale anglaise est disponible auprès de Francis Ho, à l'adresse électronique suivante : francisriver@yahoo.com. Dans les collèges anglophones du Québec, les « humanities » font partie de la formation générale obligatoire dans tous les programmes d'études. La philosophie constitue leur pendant dans les collèges francophones.