L'apport du Forum international Science et Société

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Les 2, 3 et 4 novembre 2001, au Cégep de Limoilou, Campus de Charlesbourg, le Ministère de la Recherche, de la Science et de la Technologie du Québec, le Centre National de la Recherche Scientifique de France et leurs partenaires invitaient les étudiants et les étudiantes de 18 à 25 ans à participer à la deuxième édition du Forum international Science et Société.

Ce forum, axé sur la participation et favorisant les débats dans le cadre de 8 ateliers thématiques animés par des chercheurs français et québécois, portait sur des sujets aussi diversifiés qu’inusités.

Le Forum international Science et Société a été une occasion unique pour les jeunes de rencontrer des chercheurs de renommée internationale et de jeter un regard critique différent sur des domaines touchant leur vie quotidienne.

Micheline SAMSON, professeure de mathématique au Cégep de Limoilou, nous présente un compte rendu de l’événement.

Le Forum international Science et Société, qui s’est déroulé au Cégep de Limoilou à l’automne 2001, a été l’occasion pour les 250 étudiants qui y ont participé de vivre des moments très riches, et ce, à divers titres

Un bagage de connaissances

Cet événement, sous la présidence des réputés sociologues Guy Rocher et Edgar Morin, a permis aux participants de s’enrichir d’abord sur le plan des connaissances par le biais de conférences et d’ateliers portant sur des sujets variés. Ainsi, Jean-Didier Vincent, neurobiologiste et directeur de l’Institut Alfred Fessard (Paris), nous a fait saisir toute « la complexité du goût et des goûts », avec des propos ponctués d’aphorismes savoureux comme « Manger seul peut être un plaisir sublime à la condition toutefois de vivre en bonne compagnie avec soi-même. » Puis, Robert Clarke, journaliste scientifique au Matin (Paris), nous a permis de mieux connaître certains traits de caractère communs aux grands créateurs ou aux grands génies comme la monomanie et l’esprit révolutionnaire.

Une façon de penser

Les participants ont également été sensibilisés à penser d’une manière dynamique, une approche qui se manifeste, d’après Guy Rocher, par des projets de toutes sortes : projets de vie, de nouvelles études, de découvertes, etc. Celui-ci nous a incités à développer notre curiosité et à accorder de l’importance au climat qui entoure notre travail intellectuel. Il nous a également amenés à réfléchir sur notre rôle dans la société actuelle, que ce soit à titre de témoin ou d’acteur. Pour sa part, Michel Sasseville, professeur de philosophie à l’Université Laval, a insisté sur la nécessité de penser par et pour soi-même.

Une réflexion sur la science et l’amour

Par ailleurs, l’événement a donné lieu à des échanges fort constructifs. Des chercheurs ont soulevé une réflexion axée sur la science, la recherche scientifique et la forme de collaboration qui devrait être présente au sein des équipes de recherche.

En amorçant cette réflexion par la question « Qu’est-ce que la science ? », Edgar Morin a ensuite proposé une piste de réponse en déclarant que « c’est une notion qui n’est ni permanente ni absolue et qui a varié au cours de l’histoire ». Ce qu’on peut appeler science a débuté au XVIIe siècle avec les contributions de Galilée, Bacon et Descartes. La science embryonnaire « marche à quatre pattes » avec la rationalité, l’étude des faits et des données empiriques, l’imagination et la vérification. Le sociologue a ajouté qu’il peut y avoir « des scientifiques unijambistes ». Contrairement à la religion qui « apporte une vérité absolue pour ceux qui croient », la science donne naissance à l’hypothèse. Il a également mentionné que Popper, un grand philosophe des sciences, a affirmé qu’aucune théorie scientifique ne peut être sûre d’être valide à jamais. Puis, il a évoqué les grandes révolutions scientifiques du XXe siècle, notamment la révolution qui part de la physique quantique et qui couvre le champ microphysique et celle des regroupements métadisciplinaires. Le conférencier a ensuite énuméré les pouvoirs bénéfiques et maléfiques suscités par la technoscience et déclaré que les sciences communiquent très bien avec les États et les entreprises, mais pas avec les citoyens ; pour une démocratie, le problème est qu’il faut que les citoyens soient conscients des enjeux fondamentaux. Actuellement, notre planète, a-t-il affirmé, « risque beaucoup de barbarie ».