Auteur : Jean-Denis Moffet, Responsable des épreuves de langue d’enseignement, Ministère de l’éducation
Cet article reprend, pour l’essentiel, le contenu d’une communication qui a été présentée dans le cadre du colloque conjoint APOP-AQPC, colloque qui s’est tenu en juin dernier à Mont-Tremblant. Il se divise en trois parties : la première présente les caractéristiques des cours et des épreuves de français et d’anglais ainsi que les principaux résultats observés ces dernières années. La deuxième concerne le problème de la maîtrise de la langue aux différents ordres d’enseignement. On y fait connaître le mandat et la composition du Groupe de travail sur l’épreuve uniforme de français ainsi que les principaux travaux qui y sont menés. Enfin, la troisième partie présente les principales interventions du Plan d’action mis sur pied pour contrer les échecs à répétition qui ont été réalisées jusqu’à maintenant, tout en traçant un portrait global des élèves qui ont subi des échecs répétés. En conclusion, on proposera certaines orientations à retenir pour venir en aide aux élèves et pour améliorer la réussite en langue d’enseignement.
LES COURS ET LES ÉPREUVES DE LANGUE D'ENSEIGNEMENT ET LITTÉRATURE
L’intention, ici, n’est pas de faire une description détaillée des cours de français et d’anglais ni des épreuves, mais d’en tracer les traits caractéristiques en soulignant principalement certaines différences qui pourraient permettre d’en mieux comprendre les résultats.
Les intentions éducatives des cours de français et d’anglais, langue d’enseignement et littérature, poursuivent les mêmes grands objectifs d’élargir les connaissances dans les domaines littéraire et culturel et d’améliorer la maîtrise de la langue, maîtrise qui constitue la base de l’apprentissage dans tous les domaines du savoir. Cette formation vise également à développer les capacités d’analyse, de synthèse et de critique indispensables au travail intellectuel.
L’organisation des cours de formation générale commune de français et d’anglais, langues d’enseignement, comporte quelques différences, lesquelles tiennent compte des traditions respectives de l’enseignement de la littérature dans les réseaux francophone et anglophone. Dans la majorité des collèges francophones, les cours, en plus d’être conçus en une séquence présentant une logique pédagogique graduée allant de l’analyse à l’explication et de l’explication à la critique, sont ordonnés en une séquence chronologique selon l’histoire littéraire. Par contre, dans les collèges anglophones, les cours ne sont pas expressément conçus en séquence, mais plutôt par thèmes : les différentes formes de discours, les genres littéraires et les thèmes propres à la littérature. De plus, le premier cours, dont l’objectif est l’analyse des différentes formes de discours, se veut une introduction aux études collégiales et à la littérature. Il propose deux formats de pondération, l’un des deux accordant plus d’importance au renforcement des habiletés de rédaction pour les élèves qui éprouvent des difficultés sur ce plan.
Pour ce qui est des épreuves uniformes de français et d’anglais, celles-ci poursuivent le même objectif, soit de vérifier que les élèves possèdent, à la fin des études collégiales, les compétences suffisantes en lecture et en écriture pour comprendre des textes et pour exprimer un point de vue critique dans une langue correcte. Elles ont les mêmes exigences quant au seuil de réussite : les élèves doivent obtenir une cote égale ou supérieure à « C » pour chacun des trois critères, lesquels concernent la compréhension juste des textes proposés et le respect des consignes de rédaction, l’organisation logique d’un texte présentant une argumentation cohérente et le respect des règles de la langue. Les grilles d’évaluation qui suivent démontrent que les deux épreuves possèdent trois critères principaux qui sont comparables, [...]