Auteure : Odette Lussier, Conseilllère pédagogique, Cégep Marie-Victorin
Nouvelle conseillère pédagogique au Cégep Marie-Victorin, je suis allée en quête de renseignements sur les pratiques en matière de pédagogie de la première session de ce collège et, pour ce faire, j’ai interrogé huit enseignants1 qui ont obtenu une libération pour encadrer les étudiants et coordonner les activités liées à cette approche. Ces entrevues m’ont permis de constater à quel point les mesures mises en place peuvent être bénéfiques pour les étudiants, mais aussi pour les enseignants, qui découvrent une nouvelle facette de leur rôle et qui affirment même modifier leur pratique d’enseignement en profondeur après avoir pris conscience des difficultés vécues par les nouveaux étudiants et de l’efficacité de certains moyens pour les aider.
Tous les enseignants rencontrés sont d’accord : le passage du secondaire au collégial est difficile pour plusieurs étudiants. Certains surmontent seuls ces difficultés et s’adaptent à ce nouveau contexte assez rapidement. Pour d’autres, moins autonomes ou moins bien outillés pour réussir, la progression peut s’avérer très pénible, voire périlleuse. Les enseignants de la première session ont un rôle particulier à jouer pour aider ces étudiants à traverser ce passage. Si chaque programme a développé des pratiques de pédagogie de la première session en fonction des difficultés particulières de leurs étudiants, tous ont mis sur pied des mesures pour aider ces derniers à gérer leur temps, à acquérir des méthodes de travail adaptées au collégial et à devenir plus autonomes dans leur apprentissage.
Le problème le plus fréquemment relevé par les enseignants interrogés est celui de la gestion du temps : si les étudiants apprécient la nouvelle liberté qui leur est offerte au collégial, ils éprouvent beaucoup de difficulté dans leur gestion du temps2. Lors d’un sondage (voir le tableau sur la page suivante) effectué en 1999 auprès des étudiants de première session du programme de Techniques d’éducation spécialisée (64 répondants) par Louise Godin, enseignante dans le département porteur, 44 % des étudiants affirmaient manquer de temps pour leurs études et 53 % disaient manquer de temps pour accomplir les travaux exigés dans leurs cours. Le travail rémunéré est, on le sait depuis longtemps, une partie du problème. Mais il y a aussi le temps de transport (parfois plus de 3 heures par jour), le temps requis pour les repas et l’entretien ménager si l’on vit en résidence ou en appartement, et puis les amours et les amis... Il faut prendre le temps d’expliquer aux nouveaux cégépiens comment utiliser l’agenda, planifier leurs moments d’étude, mieux intégrer les travaux dans un horaire chargé et même, parfois, dans le cas bien particulier des étudiants qui en font trop, leur suggérer de se garder tout de même un peu de temps pour les loisirs..., s’ils veulent éviter de manquer de souffle pour les examens de fin de session.
Tous les enseignants rencontrés sont d’accord : le passage du secondaire au collégial est difficile pour plusieurs étudiants. [...]
Le problème le plus fréquemment relevé par les enseignants interrogés est celui de la gestion du temps : si les étudiants apprécient la nouvelle liberté qui leur est offerte au collégial, ils éprouvent beaucoup de difficulté dans leur gestion du temps.
1 Exceptionnellement, étant donné le grand nombre d’occurrences des termes « enseignant » et « étudiant », ce texte ne sera pas féminisé.
2 Voir aussi l’article suivant : Fortier, Claire, « Les yeux grands fermés. Le passage du secondaire au collégial dans des programmes de formation technique », Pédagogie collégiale, vol. 17, no 2, 2003, p. 9-14.