Auteure : Marie-Claude Couturier, Étudiante à la maîtrise en philosophie, option « philosophie au collégial », Université de Montréal
Lorsque l’on parle d’enseignement, on entend en écho le mot « pédagogie », de manière indissociable. Mais quiconque souhaite enseigner est-il, du coup, pédagogue ? On pourrait croire qu’une bonne connaissance de la discipline est suffisante à la formation des futurs enseignantes et enseignants du collégial, puisque rares sont les programmes universitaires qui accordent une place à la formation pédagogique. Heureusement, un vent de changement souffle sur nos universités et il est maintenant possible d’obtenir une formation pédagogique adaptée aux besoins des études supérieures. C’est le cas, par exemple, du Microprogramme en enseignement supérieur qu’offre l’Université de Montréal. J’ai eu la chance de suivre un des cours de ce microprogramme dans le cadre d’une maîtrise en philosophie, option « philosophie au collégial ». Les bénéfices d’une telle formation ont été, à mon sens, énormes et l’article qui suit en propose un bref aperçu.
Le premier aspect qui doit être présenté est le climat d’étude offert aux futurs enseignants et enseignantes. La formation pédagogique m’a fait cadeau d’un premier contact avec un milieu d’apprentissage bien différent de celui des groupes à discipline unique auxquels j’étais généralement habituée lors de ma formation en philosophie. La rencontre d’autres personnes se préparant à l’enseignement, avec qui j’ai partagé des objectifs communs, m’a permis de mieux définir mon projet de carrière.
Plus important encore, nous avons pu prendre conscience de l’importance de la formation collégiale dans le parcours scolaire des élèves, du rôle que nous aurons à y jouer à titre d’enseignantes et d’enseignants et de la perspective dans laquelle doivent s’inscrire les cours de l’ordre collégial. Pour ma part, je me suis familiarisée avec les objectifs de la formation générale dont fait partie ma discipline : consolider des acquis dans un fonds culturel commun. J’ai compris que les buts visés sont non seulement importants pour le développement de l’individu mais aussi pour celui de son rôle de membre actif d’une société et, éventuellement, pour celui qu’il exercera au sein de sa profession. Ma formation pédagogique m’a donc aidée à cerner le contexte où je pourrai adapter mes connaissances philosophiques aux objectifs spécifiques visés par le collégial.
Ces apprentissages permettent de réellement définir l’enjeu de la profession, qui diffère bien souvent de l’unique intérêt que portent les universitaires pour leur discipline. En effet, la tâche de l’enseignante ou de l’enseignant s’est avérée beaucoup plus vaste que ce que j’aurais pensé. Le Conseil Supérieur de l’Éducation mentionne qu’il faut « Analyser la situation éducative : situer le rôle et la place du cours dans le programme; s’approprier les objets d’apprentissage, identifier les caractéristiques des étudiants et prévoir leur influence possible sur l’apprentissage; identifier les obstacles à l’apprentissage; déterminer les objectifs d’apprentissage » (2000, p. 42). Ainsi, j’ai eu l’impression d’avoir un portrait réaliste du milieu collégial et j’ai tout de suite senti que l’on cherchait à nous faire comprendre la distinction entre ce dernier et le monde universitaire, une démarche des plus éclairantes.
Cette première mise en contexte était accompagnée d’une expérimentation sur le terrain, où j’ai pu constater les principaux atouts d’un bon enseignement. J’ai ainsi eu la chance de rencontrer un professeur chevronné au Cégep André-Laurendeau, une expérience fort enrichissante qui m’a montré ce que représente concrètement la tâche d’une enseignante ou d’un enseignant. L’observation d’une période d’enseignement m’a fourni un exemple de ce qu’il est possible de faire dans la discipline qui me passionne; je pourrai, moi aussi, tout comme ce professeur, utiliser le sable et lui donner la forme d’un château.
Cette courte incursion dans la classe d’un professeur chevronné donne ensuite l’occasion de mettre en place les techniques observées. J’ai appris qu’il ne s’agit pas simplement d’exposer ses connaissances pour que celles-ci soient acquises par les élèves.