| Aspects évalués | Résultats généraux |
|---|---|
| La structure organisationnelle du programme de tutorat et sa clientèle étudiante |
|
| Le processus d’invitation au programme de tutorat maître-élève |
|
| La sélection, la formation et le suivi des tuteurs |
|
| L’intervention et les rencontres de tutorat |
lieu à toutes les deux ou trois semaines. |
| L’évaluation du programme de tutorat maître élève |
|
Recommandations
À la suite des résultats de ce sondage, certains points nous semblent mériter une attention particulière. Le processus d’invitation des élèves au programme de tutorat maître-élève soulève principalement deux questions. Comment offrir un programme de tutorat sans marginaliser la clientèle cible ? Quels sont les élèves qui devraient bénéficier du tutorat ? Ce sondage permet aussi de relever des implications quant à la mise en place de programmes de tutorat maître-élève, notamment en regard de la formation des tuteurs. Enfin, parce que trop peu de collèges rapportent faire des évaluations systématiques de leurs programmes de tutorat, nous pensons qu’il serait souhaitable que les collèges se donnent les moyens d’évaluer de façon rigoureuse les interventions mises en place. Ces trois points nous ont amenés à formuler certaines recommandations qui sont présentées au tableau 2.
| Identification des clientèles cibles | Mise en place des programmes de tutorat | Procédures d'évaluation des pratiques de tutorat |
|---|---|---|
| Comment offrir un programme de tutorat sans marginaliser la clientèle cible ? –En faisant connaître l’existence des programmes de tutorat au même titre que les autres services offerts par le collège (par exemple, par l’intermédiaire des documents envoyés dans les écoles secondaires ou par le biais des brochures promotionnelles). –En montrant les programmes de tutorat comme une activité intégrée aux pratiques du collège et non comme des structures uniquement destinées à des clientèles susceptibles d’éprouver de sérieux problèmes. Quels sont les élèves qui devraient bénéficier du tutorat et comment peut-on les identifier ? –Par conséquent, le dépistage des élèves ne devrait pas se faire sur la seule base des notes scolaires, mais également par l’utilisation complémentaire d’instruments psychométriques permettant de détecter l’ensemble des difficultés susceptibles d’être éprouvées par les élèves. |
Cinq éléments doivent être considérés lors de la mise en place des programmes de tutorat: –S’assurer de répondre aux besoins développementaux de l’élève en appuyant le programme sur un modèle favorisant la participation active de l’élève, offrant du soutien tangible à l’élève et le rendant critique eu égard aux choix qu’il fait. –S’assurer de mettre en place un climat relationnel accueillant et exempt de tout jugement. –Favoriser l’engagement de l’élève dans une démarche d’apprentissage orientée vers le développement des habiletés de pensée (résolution de problèmes). –S’assurer que les programmes de tutorat poursuivent des objectifs relatifs à la préparation des tuteurs :
–Prendre en compte certains aspects lors de l’appariement élève/tuteur (sexe de la dyade, programme de l’élève, origine ethnique, etc.). |
Il apparaît souhaitable que les collèges se donnent les moyens d’évaluer de façon rigoureuse les interventions mises en place à l’aide d’un cadre d’évaluation en tenant compte des éléments suivants: –L’impact de l’intervention devrait être évalué en fonction des progrès de l’élève et du tuteur en considérant les points de vue de chaque participant, à partir d’un protocole expérimental incluant un ou plusieurs groupes contrôles, une répartition aléatoire des élèves dans les différentes conditions mises en place et une évaluation de l’équivalence des groupes avant la participation au programme. –L’évaluation ne devrait pas se limiter aux résultats scolaires des élèves, elle devrait inclure des variables socio-affectives, tant chez l’élève (par exemple, son degré d’autonomie) que chez le tuteur (par exemple, son désir d’accomplissement). –Les évaluations devraient être planifiées sur une période de temps qui permet de bien mesurer les effets de l’intervention (plus d’une année). –Il est important de comprendre les processus qui expliquent la nature des changements observés en procédant à l’analyse (1) des facteurs personnels, relationnels et structurels en jeu dans la relation élève-tuteur, (2) des attitudes et des comportements des participants, (3) de la composition de la dyade. –L’analyse de ces processus devrait être guidée par un modèle théorique expliquant comment les interventions affectent les élèves et les tuteurs. –Cette analyse pourrait se faire tant par le biais d’observations systématiques que par le moyen d’entrevues de type qualitatif. |
En somme, la mise en place de tels programmes semble s’inscrire dans l’optique d’un effort de prévention du phénomène du décrochage scolaire et d’une meilleure intégration des clientèles à risque au collégial. Cependant, malgré une volonté évidente des intervenants collégiaux à contrer le phénomène de l’abandon scolaire avant la diplomation, les études antérieures ne permettent pas de conclure à l’efficacité totale de ces structures d’encadrement. La méconnaissance des mécanismes en jeu lors de la transition secondaire-collégial conduit peut-être à l’adoption de certaines mesures négligeant des aspects fondamentaux de la réussite scolaire. Ainsi, nous estimons que des études visant l’identification de ces mécanismes devraient aider les établissements collégiaux à mieux structurer les programmes d’encadrement offerts à la clientèle étudiante. Nous pensons qu’il s’agit là d’un moyen de maximiser les efforts des collèges dans l’atteinte de leurs objectifs de réussite et de persévérance scolaires.
Nathalie Soucy acc303@agora.ulaval.ca
Stéphane Duchesne acc303@agora.ulaval.ca
Simon Larose simon.larose@fse.ulaval.ca